Une géographie mouvante : de l’océan à la lande, l’inéluctable avancée du sable
D’abord, situons les dunes du Nord-Médoc. De Soulac jusqu’à Hourtin, s’étire un cordon dunaire presque continu, parfois haut de quinze mètres, par endroits estompé, morcelé. Le Moulin de Vensac n’est pas en front de mer, mais la pression du littoral s’y fait sentir, l’air chargé de sel et de grains minuscules fleurant jusque dans les terres.
Cette partie du Médoc, longtemps marécageuse (le mot local est « les mattes »), doit sa morphologie à la rencontre du fleuve, de l’Atlantique et du vent. Les dunes sont, en quelque sorte, les archives exposées de cette histoire. Le cordon côtier du Médoc s’est formé il y a environ 4 000 ans (source : Conservatoire du Littoral), lorsque la mer a déposé d’épais bancs de sable le long de l’estuaire en perpétuelle évolution.
- Vent dominant : c’est le fameux vent d’ouest, humide et fort, qui pousse grains de sable par grains de sable vers l’intérieur.
- Tempêtes et tempétillons : la côte girondine est régulièrement secouée par des épisodes venteux, parfois brutaux (ex. : tempête Martin en 1999, tempête Xynthia en 2010).
- Baisse du niveau de la nappe phréatique : le sable sec se déplace plus vite que le sable gorgé d’eau.
Autour du Moulin de Vensac, à deux bons kilomètres à vol d’oiseau de la plage, les reliefs sablonneux avancent parfois sans bruit, parfois par bonds soudains, quand un automne a été particulièrement rude ou quand la végétation protectrice vient à manquer.